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Actualité

L'IA va-t-elle sauver le monde ?

Date(s)

le 27 mars 2025

Faculté de droit
Université d'Orléans
Amphithéâtre Jousse
14h -16h

Un Tribunal pour les Générations Futures sur le climat à l’heure de l’IA.

Le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle offre l’opportunité d’ouvrir le débat sur le lien entre IA et climat dans un pays qui, en matière numérique et environnementale, se distingue par son engagement. Grâce à la mobilisation publique et à l’action des autorités, un dispositif visant à réguler et mieux comprendre les impacts environnementaux du numérique est en place depuis plusieurs années. Ces efforts ont permis de collecter des données, d’identifier les priorités, comme les terminaux, et d’imposer des obligations strictes en matière de conception et de transparence.

L’arrivée de l’IA générative relance le débat. Les données sur son déploiement affluent, révélant des impacts contrastés. D’un côté, les usages de l’IA soulèvent des préoccupations environnementales qui commencent à être documentées : consommation énergétique, émissions de CO2 , extraction de ressources et consommation en eau. De l’autre, l’IA offre des leviers prometteurs pour la transition écologique, comme l’amélioration des prévisions météorologiques, la gestion des ressources naturelles ou encore la simulation de scénarios au moyen de jumeaux numériques des territoires.

Le Tribunal pour les Générations Futures est un dispositif conçu par Usbek & Rica permettant de porter la voix des générations futures sur des enjeux sociétaux majeurs, contemporains ou à venir. Ce format reprend les codes d’une conférence en y intégrant la scénographie d’un procès. Il se présente ainsi comme un catalyseur de débat. Un président de séance, un avocat, un procureur, trois témoins et des jurés se prononcent sur scène au nom des générations futures. Le format a été éprouvé par le passé sur de nombreux sujets de société. Ce tribunal-ci vise à éclairer les décisions stratégiques grâce à une évaluation rigoureuse des opportunités et des risques environnementaux associés au développement de l’IA. À travers des témoignages, des études de cas et des échanges contradictoires, il mettra en lumière les liens entre innovation et durabilité, tout en cherchant à dégager des orientations concrètes et responsables.

À la manière d’un film des années 1980 qui se demandait s’il y avait un pilote dans l’avion, nous pouvons nous poser la question : « Y a-t-il une IA pour sauver la planète ? » En grossissant le trait, certains pourront défendre l’idée que l’intelligence artificielle est un outil indispensable pour préserver l’environnement, en optimisant les ressources, surveillant les écosystèmes et trouvant des solutions innovantes pour réduire les émissions de carbone. L’IA serait notre atout majeur à la résolution de problèmes jusque-là insolubles. À l’inverse, d’autres pourraient dire que « non, sauver la planète ne se fera pas par la technologie, IA ou pas IA ». Sans compter que l’IA elle-même, avec son coût énergétique élevé et les infrastructures nécessaires à son fonctionnement, pourrait aggraver les problèmes environnementaux qu’elle prétend résoudre en augmentant nos besoins en eau et en métaux rares. La question posée devient dès lors une invitation à approfondir une réflexion cruciale. Où devons-nous mettre nos efforts ? Sur quels points devons-nous exercer notre vigilance ? Quels doivent être enfin nos exigences, nos ambitions, nos espoirs ? Le débat est ouvert et, tout en permettant aux parties prenantes et aux utilisateurs d’agir, il doit le rester. Car si nous sommes bien sûrs d’une chose, c’est qu’il n’y aura pas de déploiement technologique durable sans un respect profond des exigences démocratiques.